Avant/Après : Poutres et pierres en majesté dans 90 m2, Paris 1er
Cette transformation radicale renoue avec l'âme de l'immeuble ancien grâce à des solutions structurelles complexes
Face à la Bourse de Commerce de Paris, un couple de quinquagénaires sans enfants habite depuis 20 ans un appartement de 90 m² dans un immeuble en pans de bois du XVIIᵉ siècle, situé dans le 1er arrondissement. Souhaitant révéler le charme originel du lieu en mettant en valeur poutres et murs de pierre, ils ont fait appel à l’architecte d’intérieur Véronique Bertholon, de l’agence Mis en Chantier. Forte de son expérience dans ce type de bâtiments, elle a relevé un défi complexe. Après un an de travaux marqués par des surprises structurelles et des adaptations ingénieuses, l’appartement s’est métamorphosé en un écrin contemporain où matériaux anciens et aménagements modernes dialoguent harmonieusement. La professionnelle nous a fait faire la visite.
Coup d’œil
Qui vit ici ? Un couple
Emplacement : 1er arrondissement de Paris, face à la Bourse
Livraison du projet : Janvier 2025
Durée des travaux : 1 an (dont 6 mois d’arrêt liés à la copropriété)
Superficie : 90 m²
Architecte d’intérieur : Véronique Bertholon de Mis en Chantier
Budget : Environ 250 000 € (2 777 €/m²) hors honoraires
Photos : Florian Wattier
Coup d’œil
Qui vit ici ? Un couple
Emplacement : 1er arrondissement de Paris, face à la Bourse
Livraison du projet : Janvier 2025
Durée des travaux : 1 an (dont 6 mois d’arrêt liés à la copropriété)
Superficie : 90 m²
Architecte d’intérieur : Véronique Bertholon de Mis en Chantier
Budget : Environ 250 000 € (2 777 €/m²) hors honoraires
Photos : Florian Wattier
Situé au 2e étage d’un immeuble du XVIIᵉ siècle face à la Bourse de Commerce – désormais Fondation Pinault –, cet appartement de 90 m² a été acquis il y a 20 ans par ses propriétaires auprès d’une compagnie d’assurance qui le louait comme bureaux à des avocats. Aucune rénovation n’avait été entreprise depuis, laissant l’espace vétuste, cloisonné et encombré de placards inutilisés et de conduits de cheminée obsolètes. L’objectif était de préserver la disposition des pièces tout en optimisant l’espace et en sublimant le cachet historique.
Avant. L’entrée se faisait via une cage d’escalier circulaire menant à un dégagement triangulaire (voir plan). L’appartement comprenait un double séjour sur rue (les anciens bureaux des avocats), une cuisine fermée, une petite chambre sur cour et une salle de bains exiguë nichée derrière l’escalier, dans un étrange couloir-boyau. De nombreux espaces perdus servaient autrefois à stocker des archives.
Après. Dès sa première visite, Véronique Bertholon, recommandée par des amis des propriétaires, a perçu l’ampleur du défi. Étant les derniers à rénover leur logement après la vente à la découpe de l’immeuble, les occupants souhaitaient révéler les poutres et les murs de pierre tout en éliminant les conduits de cheminée. Cependant, l’état des lieux – planchers abîmés, acoustique médiocre – nécessitait une expertise approfondie.
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Avant. La pièce de vie avant travaux. « Ayant déjà travaillé sur ce type d’immeubles, je ne voulais prendre aucun risque. J’ai immédiatement fait appel à un bureau d’études pour analyser la structure », explique Véronique. Et la professionnelle avait vu juste. Les investigations ont révélé des poutres structurelles endommagées, entraînant une pause de six mois pour consolider l’immeuble. « Tous les copropriétaires ont contribué, mais l’immeuble est désormais prêt pour 400 ans ! », sourit-elle.
En cours de travaux. Pour magnifier cet appartement, le parti pris de Véronique Bertholon a été radical : « Nous sommes repartis de l’os pour révéler l’âme du lieu. » La déconstruction fut totale. Tout a été déposé méthodiquement : cloisons, anciens conduits, moulures, parquets, jusqu’à la mise à nu du bâti d’origine avec la dépose des plâtres entourant les poutres et le piquetage des murs de pierre pour retrouver les éléments constructifs. « Il fallait ouvrir, aérer, effacer les décennies de transformations successives pour donner à ce volume la respiration d’un loft », explique la professionnelle. Cette opération a permis de gagner pas moins de six mètres carrés supplémentaires en supprimant les anciens conduits de cheminée.
En cours de travaux. Mais déshabiller un bâtiment aussi ancien et y ouvrir des passages plus larges ne se fait pas au hasard. « Nous étions les derniers à ôter les souches de conduits, tout aurait pu nous tomber dessus », note l’architecte d’intérieur. Une fois de plus, l’intervention du bureau d’études a été cruciale pour calculer les reports de charges et leurs emplacements. Dans la pièce de vie, il a fallu poser un cadre IPN entier pour soutenir la structure de l’immeuble afin de remplacer l’un de ces gros conduits porteurs.
Le mot d’ordre de ce chantier fut donc « adaptation » de la part de l’architecte d’intérieur, qui a dû avancer à tâtons pour dégager le meilleur plan possible. « Une fois que nous avons eu le plan du bureau d’études, avec le report de charges et les IPN, nous avons dû refaire le plan du projet en intégrant ces éléments », explique-t-elle.
Le mot d’ordre de ce chantier fut donc « adaptation » de la part de l’architecte d’intérieur, qui a dû avancer à tâtons pour dégager le meilleur plan possible. « Une fois que nous avons eu le plan du bureau d’études, avec le report de charges et les IPN, nous avons dû refaire le plan du projet en intégrant ces éléments », explique-t-elle.
Après. Dans la pièce de vie, magnifiée selon les choix des propriétaires (parquets foncés, murs blancs, poutres et pierres apparentes aux plafonds et aux murs), une monumentale bibliothèque a été conçue pour intégrer et dissimuler ces éléments structurels. « Cette bibliothèque et le faux plafond intègrent des passages lumineux et les piliers des IPN, car nous avons fait réaliser un cadre entier qui passe par le plafond, les murs et le sol, puisque nous avons également démoli tout le sol », précise Véronique.
Les fenêtres, remplacées par des modèles thermiques avec un cadre en bois, respectent l’esprit historique avec leurs nouveaux volets intérieurs en bois pour une isolation parfaite et des rideaux en lin confectionnés par l’Atelier Courbettes pour une touche feutrée.
Les fenêtres, remplacées par des modèles thermiques avec un cadre en bois, respectent l’esprit historique avec leurs nouveaux volets intérieurs en bois pour une isolation parfaite et des rideaux en lin confectionnés par l’Atelier Courbettes pour une touche feutrée.
La bibliothèque sur mesure de quatre mètres, rétroéclairée dans certaines niches, joue avec les volumes destructurés ainsi que les creux et les pleins. « Rien n’est droit dans cet appartement. Une bibliothèque trop linéaire aurait accentué l’asymétrie du bâti », justifie Véronique.
En cours de travaux. Les gros travaux se sont enchaînés avec la révélation des poutres du plafond et des colombages du mur, auparavant cachés par des plâtres. « On ne les a pas sablés, car nous avons découvert que le plancher supérieur n’était pas isolé. Le sable aurait volé chez le voisin du dessus », explique la professionnelle. Chaque poutre a donc été décapée à la brosse manuelle.
En cours de travaux. Les travaux ont été poursuivis par le piquetage des murs. Un poteau central en pierre a été libéré, tout comme deux murs de pierre latéraux. Quant aux tonnes de gravats engendrés, ce ne fut pas une mince affaire, car les travaux, ayant pris du retard, se sont déroulés en pleine période des Jeux olympiques, dans une zone protégée inaccessible : « Il a fallu organiser les livraisons à 5 heures du matin et éliminer les gravats après 22 heures, dans une rue à sens unique où il est impossible de stationner », se remémore Véronique, qui a pu s’appuyer sur sa fidèle équipe d’artisans pour mener à bien ce projet.
En cours de travaux. Dans la reconstruction, une attention particulière a été portée aux nuisances sonores, problème fréquent dans les immeubles anciens. Les plafonds ont été isolés en sous-face entre les poutres, et les sols entièrement refaits. « On a utilisé des panneaux acoustiques Acouflex pour isoler les sols, une sorte de tapis à dérouler en mousse acoustique perforée que l’on colle avec une colle spéciale, également absorbante au niveau des vibrations et des bruits. Le parquet se colle directement sur les panneaux, et tous les bruits sont absorbés d’un coup. On a l’impression d’être dans un cocon, c’est très efficace », explique Véronique.
Après. Le mobilier existant du couple est désormais mis en valeur sur une enveloppe magnifiée et éclaircie, contrastée par un plancher et des poutres foncés, comme ils l’ont souhaité. Redessinée et unifiée par le nouveau sol, la pièce de vie de 40 m² gagne une ampleur inédite, mise en valeur par l’éclairage (direct et indirect) qui met en scène la pierre du mur et la bibliothèque rétroéclairée de l’autre côté. Au centre s’ouvre maintenant la cuisine, tandis que la chambre est distribuée par une porte discrète à gauche du canapé.
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Après. L’aménagement de la cuisine a représenté un défi particulier en raison de sa configuration atypique. « On a travaillé sur une cuisine tout à fait tarabiscotée cloisonnée derrière le colombage. Il n’y avait pas un mur avec un angle droit », raconte l’architecte d’intérieur. Ce colombage, extirpé de l’ancienne cloison, a été mis en valeur, jouant le rôle de claustra entre la cuisine et la pièce de vie.
Signée EBA, une marque espagnole haut de gamme, la cuisine intègre tous les équipements modernes dans cet espace aux formes irrégulières : frigo, four, lave-vaisselle en hauteur, plan bar pour les petits déjeuners…
Le choix des matériaux – façades mates, plans en pierre, poignées Corston – dialogue harmonieusement avec le parquet contrecollé large Listone Giordano.
L’ergonomie a été au cœur de la réflexion. « Les occupants des lieux sont de grande taille, c’est pourquoi les plans de travail de la cuisine comme de la salle d’eau ont été surélevés à 1 mètre (au lieu des 87-90 centimètres classiques). Tout est dessiné pour leur confort, de la hauteur des éléments à l’alignement des plans », explique Véronique Bertholon. « On s’adapte toujours par rapport aux clients, car ce sont eux qui vont y vivre. L’idée étant de faire quelque chose de confortable », insiste-t-elle dans une approche qui illustre parfaitement sa philosophie, à savoir de privilégier l’usage et le bien-être des habitants.
Une vitrine rétroéclairée, travaillée comme une pièce de joaillerie, vient parfaire l’ensemble. Dans cette cuisine, l’éclairage a été réparti avec soin, aussi bien focal pour accompagner les gestes, que périmétral pour magnifier les matières comme le placage noyer de l’intérieur de cette vitrine.
En cours de travaux. Comme dans la pièce de vie, le mur de pierre de la chambre a été mis à nu. Les murs de pierre ont d’ailleurs tous bénéficié d’un traitement spécifique : « On a repris tous les joints des murs, retrouvé la chaux de la bonne couleur pour magnifier les joints, puis stabilisé le mur avec un vernis sur les pierres et les joints afin d’éviter que le mur ne produise du sable et du salpêtre au fil du temps. C’est un produit respirant qui n’enferme pas la pierre », détaille Véronique.
Après. La porte de la chambre s’ouvre uniquement sur le salon. Anciennement aveugle, cette pièce profite désormais d’un second jour sur le salon via une verrière en acier et verre, insérée entre les colombages anciens décapés et restaurés.
Chef-d’œuvre artisanal, cette verrière qui dispense de la lumière donne également de la profondeur à l’espace. « Quand on est du côté salon, on a une vraie sensation de profondeur avec la perception de ce volume rouge derrière le colombage », affirme Véronique. Cette verrière, qui semble si naturelle dans l’espace, a pourtant été compliquée à monter. « Notre ferronnier a dû réaliser un châssis en acier qu’il a soudé sur place », précise-t-elle.
Les propriétaires souhaitaient une ambiance boudoir dans leur chambre. La décoration d’un rouge sombre puissant a découlé d’un coup de cœur pour un tissu à motif signé Le Manach, la gamme premium de chez Pierre Frey. Les rideaux, confectionnés par l’Atelier Courbettes, dissimulent le dressing, tandis qu’un tissu assorti de la même gamme a été tendu en tête de lit, cachant la porte sous tenture d’un autre placard créé dans l’ancien passage de la cuisine.
Après. La salle d’eau a été repensée avec une douche à l’italienne avec caniveau intégré et colonne chromée Grohe en fond de pièce, ce qui la fait paraître plus large et mieux proportionnée.
Niveau style, l’architecte d’intérieur a adopté les codes du spa avec un style minimaliste, des couleurs douces et des finitions élégantes, comme un grès cérame effet travertin au sol. « Les colonnes techniques ont été coffrées avec soin pour un rendu élégant et épuré », ajoute Véronique.
Niveau style, l’architecte d’intérieur a adopté les codes du spa avec un style minimaliste, des couleurs douces et des finitions élégantes, comme un grès cérame effet travertin au sol. « Les colonnes techniques ont été coffrées avec soin pour un rendu élégant et épuré », ajoute Véronique.
Ôter la baignoire a permis de libérer de la place pour un grand placard dans le prolongement du meuble vasque. « Un chauffe-eau extra-plat de 80 litres – un Malicio connecté – est installé tout en haut du placard-dressing pour une intégration parfaite », dévoile-t-elle.
Le meuble vasque sur mesure, avec son plan à 1 mètre de haut, dissimule astucieusement le lave-linge. Outre les rangements de la salle de bains, chaque espace perdu de cet appartement a fait l’objet d’une intégration de placards sur mesure, comme le rangement en coin dans le couloir vers la cage d’escalier ou un autre dissimulant le compteur à l’entrée.
Malgré les imprévus et la complexité du chantier, le budget est resté maîtrisé : environ 250 000 euros pour 90 m², soit 2 777 €/m². « On s’en est très bien sortis ! », glisse Véronique, soulignant l’exploit compte tenu de l’ampleur des travaux structurels et de la qualité des finitions. Au-delà des aspects techniques, c’est la relation humaine qui a fait le succès de ce projet. « J’ai eu des clients qui avaient vraiment ce sens de retrouver l’âme ancienne de l’immeuble, de valoriser l’enveloppe sans mettre des coffrages ou des faux plafonds partout », apprécie-t-elle. Un objectif commun qui a permis de traverser sereinement les écueils inhérents à ce type de chantier : « On a eu une belle complicité avec les clients, qui se sont laissés porter et avaient confiance, si bien que l’on a facilement traversé les difficultés. »
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