Développement durable
Architecture
Architecture durable
Cap vers la “frugalité heureuse et créative des bâtiments"
Il est urgent de changer nos pratiques de construction et rénovation ! L'ICEB nous dévoile des solutions réalistes
« L’état de la planète ne s’accommode plus d’une politique de petits pas », tempêtait Nicolas Hulot en renonçant à son poste de ministre de la transition écologique le 28 août 2018. Six mois avant, le 18 janvier 2018, trois professionnels du bâtiment et de l’urbanisme, Dominique Gauzin-Müller, Alain Bornarel, et Philippe Madec, frappaient eux aussi un coup de poing sur la table, face à l’attitude attentiste des pouvoirs publics devant l’urgence climatique, en publiant leur « manifeste pour une frugalité heureuse et créative ».
Dominique Gauzin-Müller est architecte et auteur spécialisée dans la construction en bois, l’architecture écologique et l’aménagement durable des territoires. Alain Bornarel, ingénieur, membre de l’ICEB (Institut pour la Conception Écoresponsable du Bâti), est l’un des pionniers de la conception écoresponsable, à travers le bureau d’études TRIBU, spécialisé sur l’approche développement durable des projets urbains et des bâtiments qu’il a fondé en 1986. Philippe Madec, architecte urbaniste et écrivain, développe une approche écoresponsable du projet architectural et urbain depuis le début de sa pratique professionnelle. Il a été distingué par le Global Award for Sustainable Architecture en 2012.
Tous trois pointent les 40 % des gaz à effet de serre représentés en France par le secteur du bâtiment (de la construction au fonctionnement en passant par la production des matériaux et leur transport). Un si mauvais chiffre qu’il est nécessaire d’agir à grands pas pour ne pas continuer à puiser sans conscience dans les ressources primaires de la planète et ne pas accroître le réchauffement climatique. Face à ces dangers imminents, ceux-ci avancent une grande solution pour le secteur du bâtiment : « la frugalité créative et heureuse ». Alain Bornarel, nous a aidés à nous familiariser avec le concept.
Dominique Gauzin-Müller est architecte et auteur spécialisée dans la construction en bois, l’architecture écologique et l’aménagement durable des territoires. Alain Bornarel, ingénieur, membre de l’ICEB (Institut pour la Conception Écoresponsable du Bâti), est l’un des pionniers de la conception écoresponsable, à travers le bureau d’études TRIBU, spécialisé sur l’approche développement durable des projets urbains et des bâtiments qu’il a fondé en 1986. Philippe Madec, architecte urbaniste et écrivain, développe une approche écoresponsable du projet architectural et urbain depuis le début de sa pratique professionnelle. Il a été distingué par le Global Award for Sustainable Architecture en 2012.
Tous trois pointent les 40 % des gaz à effet de serre représentés en France par le secteur du bâtiment (de la construction au fonctionnement en passant par la production des matériaux et leur transport). Un si mauvais chiffre qu’il est nécessaire d’agir à grands pas pour ne pas continuer à puiser sans conscience dans les ressources primaires de la planète et ne pas accroître le réchauffement climatique. Face à ces dangers imminents, ceux-ci avancent une grande solution pour le secteur du bâtiment : « la frugalité créative et heureuse ». Alain Bornarel, nous a aidés à nous familiariser avec le concept.
Il est nécessaire d’agir vite !
S’il est important et nécessaire de changer les façons de concevoir et de faire dans le secteur du bâtiment, c’est qu’il y a réellement urgence. En 2015, les accords de Paris, ratifiés à la COP21, fixaient un cadre mondial afin de limiter le réchauffement de la planète à un niveau inférieur à 2°. Or nous sommes déjà presque parvenus à ce seuil critique…
« Le manifeste a 3 ans et, déjà à l’époque, on ressentait une urgence face aux enjeux climatiques et à l’utilisation des matériaux. Or question climat, ça ne s’arrange vraiment pas. En ce début 2021, on dresse le bilan d’une année 2020 la plus chaude de tous les temps, avec une augmentation de la température de 1,25 °C par rapport à la moyenne des années 1980 à 2010. Quant aux matériaux utilisés dans la construction, ils présentent deux énormes inconvénients : leurs modes de production et transport ultra-énergivores et la raréfaction inévitable des matières premières qui entrent dans leur fabrication. Face à ces constats, le secteur du bâtiment doit répondre urgemment avec des constructions qui consomment moins d’énergie et ont un impact moindre sur la planète », fait le triste constat Alain Bornarel.
S’il est important et nécessaire de changer les façons de concevoir et de faire dans le secteur du bâtiment, c’est qu’il y a réellement urgence. En 2015, les accords de Paris, ratifiés à la COP21, fixaient un cadre mondial afin de limiter le réchauffement de la planète à un niveau inférieur à 2°. Or nous sommes déjà presque parvenus à ce seuil critique…
« Le manifeste a 3 ans et, déjà à l’époque, on ressentait une urgence face aux enjeux climatiques et à l’utilisation des matériaux. Or question climat, ça ne s’arrange vraiment pas. En ce début 2021, on dresse le bilan d’une année 2020 la plus chaude de tous les temps, avec une augmentation de la température de 1,25 °C par rapport à la moyenne des années 1980 à 2010. Quant aux matériaux utilisés dans la construction, ils présentent deux énormes inconvénients : leurs modes de production et transport ultra-énergivores et la raréfaction inévitable des matières premières qui entrent dans leur fabrication. Face à ces constats, le secteur du bâtiment doit répondre urgemment avec des constructions qui consomment moins d’énergie et ont un impact moindre sur la planète », fait le triste constat Alain Bornarel.
Penser et construire différemment
Or, ces précurseurs ont des solutions concrètes et éprouvées à faire valoir pour des bâtiments zéro carbone. Des solutions vertueuses, « frugales » qu’Alain Bornarel nous a exposées.
Pour ce dernier, il est important de commencer par métamorphoser l’acte même de construire selon trois axes. « Il faut revoir la façon dont on travaille en améliorant le travail en équipes, avec une meilleure communication des divers intervenants. Ensuite, il faut cesser de ne penser que constructions neuves comme on le fait actuellement et prioriser la réhabilitation des bâtiments. Enfin, il est essentiel de construire avec des matériaux différents », affirme-t-il.
Or, ces précurseurs ont des solutions concrètes et éprouvées à faire valoir pour des bâtiments zéro carbone. Des solutions vertueuses, « frugales » qu’Alain Bornarel nous a exposées.
Pour ce dernier, il est important de commencer par métamorphoser l’acte même de construire selon trois axes. « Il faut revoir la façon dont on travaille en améliorant le travail en équipes, avec une meilleure communication des divers intervenants. Ensuite, il faut cesser de ne penser que constructions neuves comme on le fait actuellement et prioriser la réhabilitation des bâtiments. Enfin, il est essentiel de construire avec des matériaux différents », affirme-t-il.
Frugalité technologique
Ce début d’hiver 2021 est particulièrement froid, au point que nous avons déjà eu une alerte du gouvernement appelant à réduire nos consommations d’énergie dans l’habitat. « Si nous sommes en limite d’énergie, c’est bien qu’il faut construire autrement et non miser sur une nouvelle centrale atomique ! », scande Alain Bornarel.
En France, le « bâtiment standard » est défini par un certain nombre de normes, en particulier les réglementations thermiques découlant du Grenelle de l’environnement. Ce sont les RT2012 et bientôt RE2020 (attendue au plus tôt pour l’été prochain). Elles imposent ainsi de l’éclairage, un chauffage, une ventilation, de l’eau chaude sanitaire, et de plus en plus de domotique pour contrôler ces appareils. « Le principe d’avoir des normes est positif mais bride tout moyen alternatif dans l’habitat. Nous avons donc accordé de plus en plus de place aux machines, des appareils “actifs” qui induisent des consommations électriques et de la maintenance. Or, nous savons faire autrement », affirme Alain Bornarel, favorable à un habitat moins « techniciste » et nous encourageant à la créativité.
Ce début d’hiver 2021 est particulièrement froid, au point que nous avons déjà eu une alerte du gouvernement appelant à réduire nos consommations d’énergie dans l’habitat. « Si nous sommes en limite d’énergie, c’est bien qu’il faut construire autrement et non miser sur une nouvelle centrale atomique ! », scande Alain Bornarel.
En France, le « bâtiment standard » est défini par un certain nombre de normes, en particulier les réglementations thermiques découlant du Grenelle de l’environnement. Ce sont les RT2012 et bientôt RE2020 (attendue au plus tôt pour l’été prochain). Elles imposent ainsi de l’éclairage, un chauffage, une ventilation, de l’eau chaude sanitaire, et de plus en plus de domotique pour contrôler ces appareils. « Le principe d’avoir des normes est positif mais bride tout moyen alternatif dans l’habitat. Nous avons donc accordé de plus en plus de place aux machines, des appareils “actifs” qui induisent des consommations électriques et de la maintenance. Or, nous savons faire autrement », affirme Alain Bornarel, favorable à un habitat moins « techniciste » et nous encourageant à la créativité.
En Bretagne nord, l’architecte Philippe Moré, adepte d’une architecture frugale a bâti cette « maison grange » expérimentale
Néanmoins, pour se passer du système hégémonique de la ventilation mécaniquement contrôlée (VMC) ou encore de la sacro-sainte pompe à chaleur poussée par le gouvernement, qui incite à climatiser en été, il est nécessaire de « contourner les règles établies » prévient Alain Bornarel, encourageant à « faire des pas de côtés en faveur de la ventilation naturelle, à se passer totalement de chauffage dans la partie sud de la France, en isolant et solarisant suffisamment, et en cherchant de nouvelles solutions pour le confort d’été, la problématique qui pose le plus de problèmes. »
Pour l’ingénieur, la solution réside dans un habitat qualifié de frugal et dont il nous livre la définition : « Le bâtiment frugal est celui qui puise par lui-même dans les ressources extérieures, sans dépense d’énergie, selon des principes bioclimatiques et passifs. C’est un bâtiment qui puise gratuitement dans le climat, la lumière et dans son environnement pour fonctionner. »
Néanmoins, pour se passer du système hégémonique de la ventilation mécaniquement contrôlée (VMC) ou encore de la sacro-sainte pompe à chaleur poussée par le gouvernement, qui incite à climatiser en été, il est nécessaire de « contourner les règles établies » prévient Alain Bornarel, encourageant à « faire des pas de côtés en faveur de la ventilation naturelle, à se passer totalement de chauffage dans la partie sud de la France, en isolant et solarisant suffisamment, et en cherchant de nouvelles solutions pour le confort d’été, la problématique qui pose le plus de problèmes. »
Pour l’ingénieur, la solution réside dans un habitat qualifié de frugal et dont il nous livre la définition : « Le bâtiment frugal est celui qui puise par lui-même dans les ressources extérieures, sans dépense d’énergie, selon des principes bioclimatiques et passifs. C’est un bâtiment qui puise gratuitement dans le climat, la lumière et dans son environnement pour fonctionner. »
Frugalité dans les matériaux de construction et d’isolation
Outre la nécessité de revoir à la baisse la technicité du bâtiment, le fondateur du bureau d’étude TRIBU, spécialisé en constructions durables, explique que c’est l’enveloppe même du bâtiment qui doit être repensée. « À la base, ce bâtiment frugal privilégie pour sa construction des matériaux à faible impact », affirme-t-il. Ces matériaux sont notamment de deux types : les matériaux biosourcés et géosourcés.
« Issus de l’agriculture, les matériaux biosourcés peuvent être rapidement reconstitués par une gestion durable. À l’instar du bois issu de forêts gérées, et des isolants biosourcés comme la paille, les fibres de bois ou la laine de chanvre. Ils peuvent également contenir de la biomasse animale comme la laine de mouton, les plumes de canard… », détaille notre expert.
Outre la nécessité de revoir à la baisse la technicité du bâtiment, le fondateur du bureau d’étude TRIBU, spécialisé en constructions durables, explique que c’est l’enveloppe même du bâtiment qui doit être repensée. « À la base, ce bâtiment frugal privilégie pour sa construction des matériaux à faible impact », affirme-t-il. Ces matériaux sont notamment de deux types : les matériaux biosourcés et géosourcés.
« Issus de l’agriculture, les matériaux biosourcés peuvent être rapidement reconstitués par une gestion durable. À l’instar du bois issu de forêts gérées, et des isolants biosourcés comme la paille, les fibres de bois ou la laine de chanvre. Ils peuvent également contenir de la biomasse animale comme la laine de mouton, les plumes de canard… », détaille notre expert.
Par ailleurs, les matériaux géosourcés sont des matières premières issues de la terre sans transformation, tels que la pierre ou la terre. « Nous avons une vraie tradition en France dans des constructions en pisé et en torchis. Nous avons même, depuis 35 ans, une association en pointe sur le sujet, CRAterre, appelée en conseil sur ce type de constructions autour du monde », affirme Alain Bornarel, brûlant d’augmenter ce type de constructions en France.
Et celui-ci d’évoquer le projet Grand Paris Express, les 200 nouveaux kilomètres de métro automatisés en train de se développer en Île-de-France : « On nous fait des trous dans tous les coins et que fait-on sur le terrain avec la terre extraite ? Ces projets ne sont pas toujours suivis avec les décideurs politiques… », déplore-t-il.
Et celui-ci d’évoquer le projet Grand Paris Express, les 200 nouveaux kilomètres de métro automatisés en train de se développer en Île-de-France : « On nous fait des trous dans tous les coins et que fait-on sur le terrain avec la terre extraite ? Ces projets ne sont pas toujours suivis avec les décideurs politiques… », déplore-t-il.
Projet Montparnasse - Vue Sol Maine ® Collectif Nouvelle AOM (Franklin Azzi Architecture, Chartier Dalix Architectes, Hardel et Le Bihan Architectes)
Réemployer plutôt que jeter
À ces deux types de matériaux frugaux, nous pourrions également rajouter les matériaux recyclés tels les isolants créés à partir de vieux textiles (Métisse) ou encore de papiers (ouate de cellulose). Ou encore les anciens planchers transformées en panneaux de bois agglomérés.
Le réemploi est également une piste d’avenir, comme l’évoquait dernièrement l’architecte Franklin Azzi dans nos colonnes, concernant l’actuelle réhabilitation de la tour Montparnasse à Paris à laquelle il participe. « Le vitrage noir d’origine va être démonté et servira de parement dans les 30 cages d’ascenseurs […] L’architecte a un rôle d’ambassadeur et de pédagogue sur ces questions de recyclage. Il en va de sa responsabilité civique. »
Trouvez un architecte sur Houzz
Réemployer plutôt que jeter
À ces deux types de matériaux frugaux, nous pourrions également rajouter les matériaux recyclés tels les isolants créés à partir de vieux textiles (Métisse) ou encore de papiers (ouate de cellulose). Ou encore les anciens planchers transformées en panneaux de bois agglomérés.
Le réemploi est également une piste d’avenir, comme l’évoquait dernièrement l’architecte Franklin Azzi dans nos colonnes, concernant l’actuelle réhabilitation de la tour Montparnasse à Paris à laquelle il participe. « Le vitrage noir d’origine va être démonté et servira de parement dans les 30 cages d’ascenseurs […] L’architecte a un rôle d’ambassadeur et de pédagogue sur ces questions de recyclage. Il en va de sa responsabilité civique. »
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Bannir l’uniformité et les matériaux polluants
En 1962, la chanteuse Malvina Reynolds critiquait déjà les « little boxes made of ticky tacky » (« les petites maisons de pacotille, construites toutes pareilles dans les banlieues »). Plus que jamais, il est temps de bâtir avec des ressources plus frugales et locales, plutôt que de faire perdurer où que ce soit, sans considération pour le contexte environnemental, l’hégémonie du béton. « Depuis l’après-guerre, on a mis en avant les questions économiques pour construire uniformément en béton, un matériau dont le ciment qui le compose consomme beaucoup d’énergie pour sa production. Mais aujourd’hui, cette approche économique doit être contrebalancée par la raréfaction des ressources. Le sable pose un problème d’approvisionnement. Nous pourrions explorer la réutilisation d’agrégats issus des démolitions. Ou explorer la technique de la terre coulée, identique à celle du béton, qui offre des perspectives très intéressantes », propose Alain Bornarel.
En 1962, la chanteuse Malvina Reynolds critiquait déjà les « little boxes made of ticky tacky » (« les petites maisons de pacotille, construites toutes pareilles dans les banlieues »). Plus que jamais, il est temps de bâtir avec des ressources plus frugales et locales, plutôt que de faire perdurer où que ce soit, sans considération pour le contexte environnemental, l’hégémonie du béton. « Depuis l’après-guerre, on a mis en avant les questions économiques pour construire uniformément en béton, un matériau dont le ciment qui le compose consomme beaucoup d’énergie pour sa production. Mais aujourd’hui, cette approche économique doit être contrebalancée par la raréfaction des ressources. Le sable pose un problème d’approvisionnement. Nous pourrions explorer la réutilisation d’agrégats issus des démolitions. Ou explorer la technique de la terre coulée, identique à celle du béton, qui offre des perspectives très intéressantes », propose Alain Bornarel.
Donner du sens à nos vies
Avec le contexte sanitaire de la COVID-19, nous ressentons plus que jamais le besoin d’agir concrètement sur les secteurs qui pèsent sur la planète, tel que le secteur du bâtiment. Alain Bornarel confirme : « Les architectes sont étouffés par des objectifs de productivité et beaucoup cherchent à retrouver un équilibre entre productivité et besoins réels. La génération des 30-40 ans, en particulier, cherche à redonner du sens à leur métier et est porteuse d’espoir. »
Comme ces acteurs, compréhensifs de l’urgence, et engagés pour notre avenir, apportons nous aussi une petite pierre à l’édifice de la frugalité et commençons par apposer notre signature au « manifeste pour une frugalité heureuse et créative ».
Avec le contexte sanitaire de la COVID-19, nous ressentons plus que jamais le besoin d’agir concrètement sur les secteurs qui pèsent sur la planète, tel que le secteur du bâtiment. Alain Bornarel confirme : « Les architectes sont étouffés par des objectifs de productivité et beaucoup cherchent à retrouver un équilibre entre productivité et besoins réels. La génération des 30-40 ans, en particulier, cherche à redonner du sens à leur métier et est porteuse d’espoir. »
Comme ces acteurs, compréhensifs de l’urgence, et engagés pour notre avenir, apportons nous aussi une petite pierre à l’édifice de la frugalité et commençons par apposer notre signature au « manifeste pour une frugalité heureuse et créative ».
Pour aller plus loin :
ET VOUS ?
Que pensez-vous de la frugalité heureuse ?
Lire aussi
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Tour du monde des salons : Les 5 plus grandes tendances de 2020
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Il y a trois ans, quand « le manifeste pour une frugalité heureuse et créative » a été lancé, 11 000 signataires ne se sont pas trompés sur le sens du message au point de créer un mouvement de la « frugalité » (www.frugalite.org). En ont découlé 20 groupes régionaux en France métropolitaine et dans les DOM TOM, qui s’appliquent aujourd’hui à mettre en œuvre les directions données par le manifeste. Un vrai succès qui ne demande qu’à fructifier.