Portrait : Eileen Gray, figure emblématique de la Belle Époque
Arrêt sur le parcours et l'œuvre de l'une des femmes les plus marquantes de l'histoire de l'architecture et du design !
Être une femme et s’imposer dans les années 20, tout en haut de la sphère ô combien masculine de l’architecture et du design ? Un tour de force que l’irlandaise Eileen Gray (1878-1976) a relevé en se démarquant par une production aussi inspirée qu’engagée.
Si Eileen Gray a marqué en tant qu’architecte et designer, elle a commencé par se former à la peinture à la Slade School of Fine Art de Londres avant de poser ses valises à Paris. Ainsi, c’est sans avoir reçu de réelle formation en architecture qu’elle s’aventure à dessiner des maisons et à répondre aux demandes d’une clientèle demandeuse d’avant-garde, pour laquelle elle imagine des intérieurs prestigieux. Dans ce cadre, elle crée des meubles, tapis tissés à la main et lampes au look résolument moderniste, comme la Roattino et la Tube Light. Son mobilier n’a alors pas vocation à être édité de manière sérielle. Au contraire, il est amoureusement confectionné dans son atelier parisien, édité en un petit nombre d’exemplaires et exposé dans sa propre boutique parisienne – baptisée Galerie Jean Désert. Réservée, donc, à une minorité aisée, la créativité d’Eileen Gray n’est reconnue du grand public que lorsque ses meubles sont réédités dans le courant des années 70.
Tout en signant des meubles d’avant-garde, Eileen Gray s’est tenue éloignée du fonctionnalisme radical de Le Corbusier pour élaborer une œuvre traversée d’influences multiples, située quelque part entre le modernisme du Bauhaus, l’élégance du style Art déco, l’apport géométrique du mouvement hollandais De Stijl et une sorte d’anticipation sur l’émergence de formes plus organiques. Au final, elle aura évolué entre le début et la fin de sa carrière en tendant vers toujours plus de modernisme, sans renier sa sensibilité première à l’égard d’un artisanat d’exception.
Si Eileen Gray a marqué en tant qu’architecte et designer, elle a commencé par se former à la peinture à la Slade School of Fine Art de Londres avant de poser ses valises à Paris. Ainsi, c’est sans avoir reçu de réelle formation en architecture qu’elle s’aventure à dessiner des maisons et à répondre aux demandes d’une clientèle demandeuse d’avant-garde, pour laquelle elle imagine des intérieurs prestigieux. Dans ce cadre, elle crée des meubles, tapis tissés à la main et lampes au look résolument moderniste, comme la Roattino et la Tube Light. Son mobilier n’a alors pas vocation à être édité de manière sérielle. Au contraire, il est amoureusement confectionné dans son atelier parisien, édité en un petit nombre d’exemplaires et exposé dans sa propre boutique parisienne – baptisée Galerie Jean Désert. Réservée, donc, à une minorité aisée, la créativité d’Eileen Gray n’est reconnue du grand public que lorsque ses meubles sont réédités dans le courant des années 70.
Tout en signant des meubles d’avant-garde, Eileen Gray s’est tenue éloignée du fonctionnalisme radical de Le Corbusier pour élaborer une œuvre traversée d’influences multiples, située quelque part entre le modernisme du Bauhaus, l’élégance du style Art déco, l’apport géométrique du mouvement hollandais De Stijl et une sorte d’anticipation sur l’émergence de formes plus organiques. Au final, elle aura évolué entre le début et la fin de sa carrière en tendant vers toujours plus de modernisme, sans renier sa sensibilité première à l’égard d’un artisanat d’exception.
1924 : Fauteuil Transat
Imaginé en 1924 pour sa villa E.1027, le fauteuil Transat d’Eileen Gray évoque la forme des chaises longues qui peuplaient alors les ponts des transatlantiques ou certaines plages privées.Cadre rectiligne et bois laqué renvoient à la fois au fonctionnalisme et au style Art déco. Il faut dire qu’à Paris, la créatrice avait pu apprendre à manipuler la laque sous l’égide du maître japonais Seizo Sugawara.
Très confortable, l’assise de ce transat est bipartite et sa singularité tient notamment à son appui-tête, distinct du reste du dossier, réglable et inclinable. Il n’y eut que douze exemplaires originaux de ce fauteuil au coût de fabrication élevé. Pour l’anecdote, sachez que deux d’entre eux furent façonnés pour le maharadjah d’Indore.
Imaginé en 1924 pour sa villa E.1027, le fauteuil Transat d’Eileen Gray évoque la forme des chaises longues qui peuplaient alors les ponts des transatlantiques ou certaines plages privées.Cadre rectiligne et bois laqué renvoient à la fois au fonctionnalisme et au style Art déco. Il faut dire qu’à Paris, la créatrice avait pu apprendre à manipuler la laque sous l’égide du maître japonais Seizo Sugawara.
Très confortable, l’assise de ce transat est bipartite et sa singularité tient notamment à son appui-tête, distinct du reste du dossier, réglable et inclinable. Il n’y eut que douze exemplaires originaux de ce fauteuil au coût de fabrication élevé. Pour l’anecdote, sachez que deux d’entre eux furent façonnés pour le maharadjah d’Indore.
1925-1926 : Le Fauteuil Bibendum
Le fauteuil Bibendum a vu le jour entre 1925 et 1926, pour meubler un appartement parisien de la rue de Lota. Lequel appartenait à une célèbre modiste de l’époque, Mme Mathieu Levy.
Douillet, dodu, ludique et chic, ce fauteuil en cuir et tubes d’acier n’est pas sans rappeler les rondeurs pneumatiques du bonhomme Michelin, célèbre mascotte publicitaire créée en 1898.
Réédité à partir de 1975 par l’éditeur londonien Zeev Aram, ce fauteuil illustre le rejet du fonctionnalisme rigoureux des pièces qu’imaginaient ses contemporains de l’époque, comme Le Corbusier. Ici, on s’inscrit en effet dans une grande logique de confort et l’on chemine vers des formes plus organiques. Quasi charnelles.
Le fauteuil Bibendum a vu le jour entre 1925 et 1926, pour meubler un appartement parisien de la rue de Lota. Lequel appartenait à une célèbre modiste de l’époque, Mme Mathieu Levy.
Douillet, dodu, ludique et chic, ce fauteuil en cuir et tubes d’acier n’est pas sans rappeler les rondeurs pneumatiques du bonhomme Michelin, célèbre mascotte publicitaire créée en 1898.
Réédité à partir de 1975 par l’éditeur londonien Zeev Aram, ce fauteuil illustre le rejet du fonctionnalisme rigoureux des pièces qu’imaginaient ses contemporains de l’époque, comme Le Corbusier. Ici, on s’inscrit en effet dans une grande logique de confort et l’on chemine vers des formes plus organiques. Quasi charnelles.
1925-1935 : Tapis Blue marine
Dans son atelier, outre la création de mobilier, Eileen Gray s’est aussi consacrée à la création de tapis au graphisme percutant. Son modèle Blue marine, dont le degré d’abstraction rappelle un peu les peintures de Kandinsky, a été imaginé dans sa villa E.1027. Entièrement en laine et coloré avec des teintures végétales, ce tapis sur lequel le bleu domine est encore disponible aujourd’hui (chez ClassiCon et Aram).
Dans son atelier, outre la création de mobilier, Eileen Gray s’est aussi consacrée à la création de tapis au graphisme percutant. Son modèle Blue marine, dont le degré d’abstraction rappelle un peu les peintures de Kandinsky, a été imaginé dans sa villa E.1027. Entièrement en laine et coloré avec des teintures végétales, ce tapis sur lequel le bleu domine est encore disponible aujourd’hui (chez ClassiCon et Aram).
1927 : Adjustable table
Cette table d’appoint, sorte de guéridon rond et réglable, tout de verre et d’acier inoxydable, est la création d’Eileen Gray que l’on rencontre le plus fréquemment dans les intérieurs contemporains. Il s’accorde particulièrement bien avec du mobilier haut de gamme, issue de la mouvance moderniste. Le froid de l’acier inoxydable de la structure y rencontre habilement la légèreté du verre et une rondeur qui adoucit l’ensemble. Le Corbusier en personne aurait même déclaré que cette table intemporelle était « charmante et raffinée »…
Cette table d’appoint, sorte de guéridon rond et réglable, tout de verre et d’acier inoxydable, est la création d’Eileen Gray que l’on rencontre le plus fréquemment dans les intérieurs contemporains. Il s’accorde particulièrement bien avec du mobilier haut de gamme, issue de la mouvance moderniste. Le froid de l’acier inoxydable de la structure y rencontre habilement la légèreté du verre et une rondeur qui adoucit l’ensemble. Le Corbusier en personne aurait même déclaré que cette table intemporelle était « charmante et raffinée »…
1922 : Paravent
Le premier paravent architectonique d’Eileen Gray a aussi été réalisé pour l’appartement de la rue de Lota. Pas totalement mobile puisqu’on ne pouvait en déplacer qu’une partie, il était constitué de 450 panneaux en laque gris mat, or et argent, formant un grand écran à fort potentiel ornemental. Mais il allait surtout donner suite à une série de onze paravents originaux (à l’image de celui-ci), quant à eux entièrement indépendants.
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Avec le critique d’architecture Jean Badovici, Eileen Gray a imaginé à Roquebrune, sur la Côte d’Azur, sa propre villa E.1027, d’inspiration clairement moderniste. C’est dans ce cadre et donc initialement pour elle qu’elle a conçu une série de meubles, pour la plupart devenus iconiques.
Tout ici ayant été pensé jusque dans les moindres détails, l’intitulé de la maison a aussi son explication. Le E est celui d’Eileen, le 10 et le 2 renvoie dans l’alphabet aux initiales de Jean Badovici et la boucle est enfin bouclée avec le 7 pour le G de Gray.